Et, se tournant vers ses hommes:

—Qu'on se retire, dit-il. Je n'ai plus besoin de vous.»

Avec un ordre parfait, les troupes se retirèrent aussitôt, laissant toutes les portes grandes ouvertes.

Espinosa fit un signe impérieux, et le dominicain et les deux moines disparurent à leur tour.

Au même instant, les cloisons de fer qui muraient la porte et la fenêtre se relevèrent comme par enchantement. Seule la large baie donnant sur la pièce secrète, où se trouvaient les hommes d'Espinosa l'instant d'avant, continua de marquer la place où se trouvait primitivement la bibliothèque.

—Mordieu! soupira Pardaillan, je commence à croire que je m'en tirerai.

—Monsieur de Pardaillan, reprit gravement Espinosa, je n'ai pas cherché à vous intimider. J'ai voulu seulement vous prouver que j'étais de force à me mesurer avec vous sans redouter une défaite. Voulez-vous maintenant m'accorder l'entretien que je vous ai demandé?

—Pourquoi pas, monsieur? fit Pardaillan.

—Je ne suis pas votre ennemi, monsieur. Peut-être même serons-nous amis bientôt si, comme je l'espère, nous arrivons à nous entendre. Dans tous les cas, quoi que vous décidiez, je vous engage ma parole que vous sortirez du palais librement comme vous y êtes entré. Notez, monsieur, que je ne m'engage pas plus loin... L'avenir dépendra de ce que vous allez décider vous-même. J'espère que vous ne doutez pas de ma parole?

—A Dieu ne plaise, monsieur, dit poliment Pardaillan. Je vous tiens pour un gentilhomme. Et, si j'ai pu, me croyant menacé, vous dire des choses plutôt dures, je vous exprime tous mes regrets. Ceci dit, monsieur, je suis à vos ordres.