—J'ai dit stupide... je le maintiens!... Eh! quoi, vous ne voyez donc rien? Niais que vous êtes? Pendant que vous vous entre-déchirez, qui triomphera? Oui? Pardaillan!... Pardaillan qui est aimé, lui! Pardaillan qui réussira à vous prendre Fausta pendant que vous serez bien occupés à vous mordre... et il aura bien raison!

—Assez! assez! monseigneur, râla Ponte-Maggiore, tandis que Montalte, l'oeil injecté, crispait furieusement ses poings.

Le grand inquisiteur reprit sur un ton plus rude:

—Au lieu de vous ruer l'un sur l'autre, unissez vos forces et vos haines par le Christ! Elles ne sont pas de trop pour combattre et terrasser votre ennemi commun. Alors, quand vous l'aurez tué, il sera temps de vous entretuer, si vous n'arrivez pas à vous entendre.

Montalte et Ponte-Maggiore se regardèrent, hésitants et effarés. Ils n'avaient pas songé, ni l'un ni l'autre, à cette solution pourtant logique.

—C'est pourtant vrai ce que vous dites, monseigneur! murmura Montalte.

—Croyez-vous sincèrement que Pardaillan est seul à redouter pour vous?

—Oui, râlèrent les deux blessés.

—Voulez-vous réellement le terrasser, le voir mourir d'une mort lente et désespérée?

—Oh! tout mon sang en échange de cette minute!