Et, en même temps, d'un bond, il sortit plus vite qu'il n'était rentré. Et, dès qu'il fut revenu dans le vestibule, la porte, mue par un mécanisme invisible, se referma d'elle-même.

«Il était temps!» murmura Pardaillan en passant la main sur son front où pointait la sueur de l'angoisse.

Il s'appuya contre la porte pour se rendre compte. Elle était bien close et paraissait assez solide pour résister à un assaut.

Machinalement, il jeta les yeux autour de lui et demeura stupéfait: il ne se reconnaissait plus.

L'escalier tournant avait disparu. Le trou béant par où il était entré était comblé. L'instant d'avant il y avait trois portes, maintenant il n'y en avait plus que deux: celle sur laquelle il s'appuyait encore et celle qui aurait dû se trouver en face de l'escalier.

Si solide que fût le cerveau de Pardaillan, il commençait à sentir l'affolement le gagner. Il avait beau se raidir, il sentait peu à peu l'horreur le pénétrer.

Ajoutez qu'il était à jeun, et que, depuis des heures peut-être, il errait ainsi, pourchassé et traqué de couloir en couloir.

S'il y avait danger de mort, il n'y avait pas à en douter, et ce n'est pas cela qui était fait pour l'effrayer. Mais où était ce danger? En quoi consistait-il?

«On savait donc que j'étais là, aux écoutes? grommelait le chevalier. Et que me veut-on, décidément? M'obliger à me réfugier dans la chambre des tortures? Le scélérat qui parlait ici tout à l'heure a justement observé: l'homme sera bien obligé de passer par les voies que nous laisserons libres devant lui!»

Et, avec cette froide raillerie qui ne l'abandonnait jamais, même dans les passes les plus périlleuses: