«L'homme, c'est moi! L'homme!... Il ne lui suffit pas d'assassiner les gens, il faut encore qu'il les injurie!...»
Il demeura un moment rêveur et murmura:
«La chambre des tortures! Eh bien, soit, allons voir ce qui nous attend dans cette salle!»
Et, d'un pas rude, il se dirigea vers la porte, bien certain de la trouver ouverte.
«Pardieu! ricana-t-il en voyant qu'elle cédait sous sa pression, puisque je dois passer par là!»
Il franchit le seuil, et, une fois de plus, il se trouva dans un couloir. Et toujours la même demi-obscurité, le même silence...
Pardaillan était habitué à se dompter, et d'ailleurs il s'était trouvé déjà à plus d'une aventure périlleuse. Il avait mis l'épée à la main et il allait d'un pas ferme et tranquille, mettant une sorte d'orgueil à conserver une allure de sang-froid. Mais, de l'effort qu'il faisait, il sentait la sueur couler de son front à grosses gouttes, et son coeur battait la chamade pendant qu'il se disait:
«Voici ma dernière aventure. Pour cette fois, le diable lui-même ne saurait, je crois, me tirer de ce mauvais pas!»
Il avait déjà parcouru un assez long chemin, tournant et retournant sans cesse, et sans s'en douter, dans les mêmes couloirs, qui s'enchevêtraient comme à plaisir, sondant les coins d'ombre plus épaisse, tâtant le sol avant de poser le pied, cherchant toujours, sans la trouver, une sortie à ce fantastique labyrinthe où il errait éperdument.
Tout à coup, sans qu'il pût discerner d'où elle venait, devant lui, dans l'ombre, il devina, plutôt qu'il ne la vit, une nouvelle troupe qui, silencieusement, venait à sa rencontre. Il s'arrêta et écouta attentivement.