«Ils sont au moins une trentaine, pensa-t-il, et il me semble voir briller les fameux mousquets dont la décharge doit me foudroyer.»
D'un geste rapide, il assujettit son ceinturon, s'assura que la dague était bien à sa portée et se ramassa, étincelant, prêt à bondir, retrouvant instantanément tout son sang-froid, puisqu'il n'avait plus devant lui que des êtres de chair et d'os comme lui.
«Il faut en finir, gronda-t-il, je charge!... Que diable! je trouverai, bien moyen de passer!»
Il allait bondir et charger, ainsi qu'il avait dit; il s'arrêta net: derrière lui, surgie il ne savait d'où, une autre troupe s'avançait à pas de loup. Une fois encore, il était pris entre deux feux.
«Eh bien, non! réfléchit Pardaillan, ce serait folie pure! Mortdiable! il ne s'agit pas de se faire tuer stupidement... il faut sortir vivant d'ici!...»
Il chercha autour de lui et vit, sur sa gauche, toujours une embrasure.
«Parbleu! grogna-t-il, puisque je dois aboutir à la chambre de torture, je pensais bien qu'on m'aurait ménagé une de ces voies dans lesquelles je dois passer.»
Et, avec un sourire railleur, il poussa la porte qui céda, ainsi qu'il l'avait prévu. Il pensait que les gens d'armes allaient passer sans s'arrêter. Il repoussa rageusement la porte en maugréant:
«En voilà encore une que je ne pourrai plus ouvrir!»
La porte poussée violemment claqua, mais ne se ferma pas.