—Pour qui?

—Pour celui qui est dans le cercueil.

—L'homme qui a passé par la chambre de torture?

—La chambre de torture, vous le savez, mon frère, n'est qu'un épouvantail destiné à attirer le condamné dans le caveau des morts vivants.

Au même instant une cloche se mit à sonner le glas. La porte de la chapelle du roi s'ouvrit à deux battants, et une longue théorie de moines, recouverts de cagoules blanches, cierges en main, entra, et, d'un pas lent et solennel, vint se ranger devant l'autel. Puis le bourreau, seul, tout rouge, qui vint se placer devant le catafalque.

Derrière le bourreau, des moines encore, recouverts de cagoules de toutes les couleurs, qui vinrent se ranger autour du catafalque jusqu'à ce que la petite chapelle fût pleine. Un prêtre, revêtu des habits sacerdotaux de deuil, monta à l'autel, flanqué de ses desservants et de ses enfants de choeur.

Les mugissements de l'orgue se déchaînèrent, se répandirent en volutes sonores sous les voûtes de la royale chapelle qu'ils emplirent d'une musique tour à tour plaintive et menaçante.

Alors, les moines rassemblés là, en un choeur formidable, entonnèrent le de Profondis.

Et l'office des morts commença. Pardaillan, fou d'horreur, glacé d'épouvanté, secoué du frisson mortel, Pardaillan, vivant, dut assister à son propre office des morts.

Il se raidit, se débattit, hurla, frappa des pieds et des poings les parois de son étroite prison.