Mais les sons de l'orgue couvrirent ses appels désespérés. Mais, lorsqu'il frappait plus fort, les moines, impassibles, mugissaient:

«Miserere nobis... Dies irae! Dies illa!»

Et, quand cet interminable office prit fin, les moines se retirèrent comme ils étaient venus: en procession lente et solennelle. Les desservants éteignirent les cierges de l'autel. Tout retomba dans le silence et la pénombre. Enfin, autour du catafalque, faiblement éclairé par quelques lampes d'argent qui tombaient de la voûte, il n'y eut plus que les quatre moines porteurs...

Pardaillan sentit ses cheveux se hérisser quand il entendit un de ces moines demander, avec une indifférence placide:

—La fosse de ce malheureux est-elle creusée?

—Il y a plus d'une heure qu'elle est prête.

—Alors, dépêchons-nous de le porter en terre, car voici qu'il est l'heure de souper.

Et Pardaillan sentit qu'on le soulevait, qu'on l'emportait. Alors, rassemblant toutes ses forces, la bouche collée contre le judas, il cria:

«Mais je suis vivant!... Sacripants, vous n'allez pas m'enterrer vivant!...»

Comme s'ils eussent été sourds, les quatre sinistres porteurs continuèrent imperturbablement leur route, le cahotant abominablement, n'apportant aucune précaution dans l'accomplissement de leur funèbre et abominable besogne, uniquement préoccupés qu'ils étaient de se rendre au plus vite au réfectoire.