Bientôt Pardaillan sentit un air plus frais caresser son visage, qu'il tenait obstinément collé contre le judas. Il se vit au grand air, dans un jardin, et il frissonna:
«Le cimetière!...»
Si l'office des morts lui avait paru d'une lenteur mortelle, la marche vers le trou suprême lui parut s'accomplir avec une rapidité fantastique. C'est qu'il espérait encore qu'un miracle s'accomplirait en sa faveur et il comprenait que, lorsqu'il serait dans le trou, que la terre pèserait sur lui lourde et glaciale, tout espoir de délivrance serait à jamais perdu. Il sentit qu'on le posait assez rudement sur un sol meuble.
Il perçut distinctement le glissement des cordes sous le cercueil qui fut soulevé, glissa doucement et tomba mollement au fond de la fosse.
Une voix de basse tonitrua:
«Requiescat in pace!»
Et la terre s'abattit lourdement sur lui. Alors Pardaillan s'abandonna. Et, avec une résignation où perçait encore et malgré tout une pointe de raillerie, il murmura:
«Cette fois-ci, me voici mort et enterré!»
Cet accès de désespoir ne dura pas longtemps. Presque aussitôt il se ressaisit et recommença à crier furieusement, à talonner le couvercle à grands coups, à se meurtrir les coudes et les épaules en s'efforçant de faire éclater les parois. Combien de temps s'écoula ainsi?
Il n'en eut pas conscience.