—Oh! pour cela, dit Centurion sous le sourcil duquel jaillit une lueur fauve, je suis de votre avis. Et, si vous avez une dent contre le Français, j'en ai une aussi, et d'une belle longueur, je vous en réponds...

—Enfin, l'as-tu vu? Où est-il? Que fait-il?

—Il doit être maintenant rentré à son hôtel où je suppose qu'il se restaure. Je l'ai vu et je lui ai parlé. A telle enseigne qu'il m'a fait l'aumône...

—Tu l'as vu! gronda Barba Roja, et...

—Je vous entends, mon cousin, dit Centurion avec un sourire livide. S'il a échappé, croyez bien que ce n'est pas le fait de ma volonté. Il faut croire qu'une providence veille sur lui, car, comme j'allais lui enfoncer le poignard que voici entre les deux épaules, il s'est retourné à point nommé et, diable! nous connaissons tous deux la force redoutable du sire. Je n'ai pas demandé mon reste, j'ai filé vivement, et me voici.

Et, avec une explosion de joie sauvage, il reprit:

—Nous le tenons, mon cousin! Je cerne l'auberge et je le prends mort ou vif, dusse-je démolir la bicoque.

—Bon! grogna Barba Roja, c'est cela... Prends autant d'hommes qu'il en faudra et cours, je le voudrais déjà voir les tripes au vent... Quel malheur que le scélérat m'ait à moitié désarticulé le bras!... Je n'aurais laissé à personne le soin de mener à bien cette affaire...

—Pour ce qui est de mener à bien la chose, dit Centurion avec une joie frénétique, vous pouvez vous en rapporter à moi.

—Il t'a fort mal accommodé, toi aussi.