Et, sur un geste du duc:
—Non, non, reprit Sixte avec autorité, après moi, je ne connais qu'un seul homme au monde capable de tenir tête à Fausta... et de la vaincre... Et, cet homme, c'est le chevalier de Pardaillan!
Le duc tressaillit, rougit et pâlit tour à tour. Mais, surmontant son émotion, il demanda:
—Vous croyez, Saint-Père, que celui-là réussira là où je serais brisé, moi?
—Je l'ai vu mener à bien des entreprises autrement redoutables. Oui, si Pardaillan voulait... si quelqu'un avait assez d'intelligence à la tête, assez de haine au coeur pour aller trouver cet homme, et le décider... oui, ce serait le seul moyen d'arrêter Fausta et Montalte en leur voyage!
—Eh bien, j'aurai cette intelligence et cette haine, moi! Je consens à m'effacer. Et, puisqu'il y a au monde un dogue de taille à les broyer d'un coup de mâchoire, je vais le chercher, je vous l'amène, et vous le lâchez sur eux, tonna Ponte-Maggiore.—Quitte à lui briser les crocs après, s'il est nécessaire... ajouta-t-il en lui-même.
—Lâchez! Lâchez... C'est bientôt dit!... Sachez, duc, que Pardaillan n'est pas un homme qu'on peut lâcher sur qui on veut et comme on veut...
—Saint-Père, est-ce d'un homme que vous parlez ainsi?
—Duc, dit gravement le pape, Pardaillan est peut-être le seul homme qui ait forcé l'admiration de Sixte-Quint... Puisque vous le voulez, allez, duc, essayez de décider Pardaillan.
—Où le trouverai-je?