—Au camp du Béarnais. Vous allez vous rendre auprès de Henri de Navarre. Vous lui ferez connaître la teneur exacte du document que Fausta porte à Philippe. Votre mission se borne à cela. Le reste vous regarde... c'est à vous de trouver Pardaillan. Et, quand vous l'aurez trouvé, vous lui direz simplement ceci:
—Fausta est vivante! Fausta porte à Philippe un document qui lui livre la couronne de France...»
—Quand faut-il partir?
—A l'instant.
VI
LE CHEVALIER DE PARDAILLAN
Hercule Sfondrato, duc de Ponte-Maggiore, sortit de Rome et se lança au galop sur la route de France. Les passions grondaient dans son coeur. A une demi-lieue de la Ville Éternelle, il s'arrêta court et, longtemps, sombre, muet, le visage convulsé, il contempla la lointaine silhouette du château Saint-Ange. Son poing se tendit et il murmura:
—Montalte, Montalte, prends garde, car, à partir de ce moment, je suis pour toi l'ennemi que rien ne désarmera...
Ponte-Maggiore traversa la France, ayant crevé plusieurs chevaux, et ne s'arrêtant, parfois, que lorsque la fatigue le terrassait. A quelques lieues de Paris, il rejoint un gentilhomme qui s'en allait, lui aussi, vers la capitale, et Ponte-Maggiore aborda cet inconnu en lui demandant si on savait vers quel point de l'Ile-de-France le Béarnais se trouvait alors.
—Monsieur, répondit le cavalier inconnu, S. M. le roi a pris ses logements dans le village de Montmartre, à l'abbaye des Bénédictines de Mme Claudine de Beauvilliers.