S'arc-boutant sur leur caisse, ils saisirent les volets et tirèrent de toutes leurs forces réunies.
Les volets s'ouvrirent sans trop de peine et sans aucun bruit, ce qui était le plus important.
Débarrassés de cet obstacle, ils s'établirent le mieux qu'ils purent sur le bord de la fenêtre afin de l'ouvrir sans bruit, comme ils venaient d'ouvrir les volets.
A ce moment, une porte s'ouvrit dans la chambre. Un homme entra qui s'approcha de la Giralda et la contempla un moment avec une expression passionnée qui fit pâlir don César. Puis, se baissant, l'homme saisit dans ses bras la jeune fille qui s'abandonna, les membres ballants, comme un corps privé de vie. Chargé de son précieux fardeau, qui ne paraissait pas peser bien lourd à ses bras robustes, l'homme se redressa et se dirigea vers la porte par où il était entré.
—Vite! rugit don César en donnant de l'épaule contre la fenêtre, il l'emporte!
Pardaillan tira son épée, appuya de son côté, de toutes ses forces, contre la fenêtre, qui s'ouvrit violemment, et, l'épée à la main, il sauta à l'intérieur de la pièce. Au même instant, il entendit un cri terrible.
Lorsqu'il sentit la fenêtre céder sous leurs efforts, don César se ramassa pour bondir. Dans le même moment, il fut saisi par les jambes et tiré en arrière. Alors, il poussa le cri entendu de Pardaillan. Ramené violemment à terre, le Torero fut saisi, réduit à l'impuissance, porté lui aussi hors de la maison.
Pardaillan, lui, avait sauté.
Lorsque ses pieds touchèrent le sol, il sentit ce sol trembler et s'écrouler sous lui, et il tomba dans le noir.
Instinctivement, il étendit les bras pour se raccrocher, et son épée, heurtant il ne savait quoi, lui échappa. Il tomba comme une masse, fort rudement. Heureusement, la chute n'était pas très profonde; il ne se fit aucun mal, mais il se trouva dans l'obscurité la plus complète.