«Tiens! tiens!... Un parchemin!... Mais diantre! il fait noir comme dans un four ici... Ceci me concerne-t-il? Ceci a-t-il été mis ici pour moi?... Non, évidemment, sans quoi on m'eût donné de la lumière afin que je puisse lire... Un parchemin égaré, alors? Nous verrons plus tard, puisque, aussi bien, je ne peux faire autrement...»
Il mit le parchemin dans son pourpoint et se remit à discuter avec lui-même; puis, il renifla fortement...
«Quel diable de parfum est-ce là?... Ce n'est pourtant pas un boudoir pour jolie femme!... Ah! mordieu! j'y suis!... Fausta!... Quelle femme autre que Fausta consentirait à descendre de plein gré dans pareil tombeau? D'autant plus que je ressens d'étranges sensations. Ma respiration s'oppresse... ma tête s'alourdit... Fausta! eh! par Pilate! la damnée Fausta a passé par là!...»
«Après avoir essayé de m'assassiner de tant de façons différentes, je serais curieux de savoir ce qu'elle a bien pu imaginer cette fois-ci.»
Comme pour répondre à cette question, un judas s'ouvrit à ce moment dans le haut de la voûte. Un imperceptible rai de lumière descendit par les fentes du judas et, en même temps, une voix, que Pardaillan reconnut aussitôt, prononça ces paroles:
—Pardaillan, tu vas mourir.
—Par Dieu! fit Pardaillan, dès l'instant où la douce Fausta m'adresse la parole, il ne saurait être question que de mort. Voyons ce qu'elle me réserve.
—Pardaillan, continua Fausta, invisible, j'ai voulu te tuer par le fer, tu as échappé au fer, j'ai voulu te tuer par la noyade, tu as échappé à l'eau, j'ai voulu te tuer par le feu, tu as échappé à l'incendie. Tu m'as demandé: «A quel élément aurez-vous recours? Je te réponds: «A l'air.» L'air que tu respires est saturé de poison. Dans deux heures, tu ne seras plus qu'un cadavre.
—Voilà donc l'explication que je cherchais. Figurez-vous, madame, que j'étais intrigué par ce parfum que je sens autour de moi, et, vous ne me croirez peut-être pas mais, ma parole, j'ai pensé à vous... J'ai pensé que, si Fausta était descendue dans cette fosse, ce ne pouvait être que pour y apporter la mort et la changer en un tombeau. Voilà ce que j'ai pensé, madame.
—Tu as vu juste, Pardaillan, et tu vas mourir, tué par l'air que tu respires et que j'ai, moi, empoisonné.