Il y avait quelque chose de fantastique dans cette conversation macabre entre deux êtres qui ne se voyaient pas, qui se parlaient à travers l'épaisseur d'un plafond, dont l'un était, pour ainsi dire, déjà dans la tombe et qui, sur un ton paisible et comme détaché, se disaient des choses effrayantes.
Cependant, Pardaillan répondait:
—Mourir! c'est bientôt dit, madame. Mais, voyez-vous, j'ai les poumons bien solidement attachés, et je crois que je suis homme à résister à tous les poisons dont vous avez eu l'attention de saturer l'air à mon intention. J'en suis bien fâché pour vous, madame, dont la marotte est de me vouloir occire à tout prix, par n'importe quel moyen, et je ne sais pourquoi, par exemple?
—Parce que je t'aime, Pardaillan, dit la voix morne de Fausta.
—Eh! morbleu! ce serait une raison pour me laisser vivre au contraire! Quoi qu'il en soit, madame, je crois que j'échapperai à votre poison comme j'ai échappé à la noyade et au feu.
—C'est possible, Pardaillan, mais, si tu échappes au poison, tu restes condamné quand même.
—Expliquez-moi un peu cela, madame...
—Tu mourras par la faim et par la soif.
—Diable! c'est assez hideux cela, madame!
—Je sais, Pardaillan, c'est une mort lente et horrible. Aussi ai-je voulu te l'éviter, et c'est pourquoi j'ai eu recours au poison.