El Chico répondit, cette fois sans hésitation:
—Tant pis!
Fausta sourit.
—Allons, dit-elle, je vois que vous savez être reconnaissant. Et le Français?
A cette question, l'oeil du petit homme eut une lueur aussitôt éteinte, et, vivement, il dit:
—Je ne le connais pas. Tiens, ce n'est pas un ami comme don César.
Fausta crut démêler une intonation bizarre dans ces paroles.
—C'est pourtant un ami de ce Torero que vous affectionnez au point de lui sacrifier deux mille livres! dit-elle. Savez-vous qu'en frappant ceux qu'ils aiment, on atteint parfois plus cruellement les gens que si on les frappait eux-mêmes?
Fausta posait la question sans paraître y attacher d'importance, mais elle fixait son oeil doux sur le nain et l'étudiait attentivement.
Celui-ci tressaillit et parut étonné de ces paroles. Évidemment, il n'avait pas pensé qu'en aidant à meurtrir Pardaillan il pouvait, du même coup, faire beaucoup de mal à ceux qui aimaient le chevalier. Mais, approfondir de telles idées était au-dessus du jugement d'El Chico. Il secoua donc les épaules et grommela quelques paroles confuses que Fausta ne parvint pas à saisir.