El Chico n'était pas très bavard et il n'avait, cela va sans dire, que de très vagues notions d'étiquette, si tant est qu'il connût la signification de ce mot.

Il se contenta de répondre d'un signe de tête affirmatif.

Fausta possédait au plus haut point l'art de composer ses manières, suivant le caractère et la situation de ceux qu'elle avait intérêt à ménager ou qu'elle voulait s'attacher, et ce fut en souriant avec indulgence qu'elle accueillit le semblant de réponse du petit homme. Ce fut en souriant encore qu'elle dit négligemment:

—Ce Torero, don César, vous a fait du bien. A défaut d'affection, vous deviez avoir pour lui de la reconnaissance. Pourtant, vous avez consenti à l'attirer ici?

—Je savais bien qu'on en voulait seulement au Français, dit avec un sourire aussi El Chico. Tiens! on a des oreilles et des yeux. On écoute, on regarde... On est petit, c'est vrai, on n'est pas un sot.

—De sorte que vous avez compris que vos deux compatriotes ne couraient aucun danger?... Si, cependant, la vie de don César eût été menacée, eussiez-vous agi comme vous l'avez fait? Répondez franchement.

Le petit homme hésita un moment avant de répondre. Ses traits se contractèrent douloureusement. Il ferma les yeux. Un combat violent paraissait se livrer en lui, dont Fausta suivait curieusement toutes les phases.

Enfin, il poussa un gros soupir et répondit d'une voix sourde:

—Non.

—Alors, dit Fausta, vous auriez perdu les deux mille livres qu'on vous a promis en mon nom.