—Elles y sont, dit Fausta, qui paraissait s'amuser de la joie folle du nain. Vous pouvez vérifier.
Vivement, El Chico porta la main au cordon qui fermait le sac, visiblement anxieux de vérifier à l'instant même si on ne se jouait pas de lui. Mais il n'acheva pas son geste. Ses yeux se fixèrent, angoissés, sur Fausta, et, tout à coup, il se mit à rire. Mais son rire avait quelque chose d'effarant. On eût dit plutôt des sanglots convulsifs; et il bégayait, sur un ton plaintif:
—Riche! Je suis riche!... autant que le roi!...
Si Fausta fut étonnée de cette étrange manifestation de joie, elle n'en laissa rien paraître.
—Vous voilà riche, en effet, fit-elle de sa douce voix. Vous allez pouvoir... épouser celle que vous aimez.
A ces mots, El Chico tressaillit violemment et fixa sur Fausta des yeux effarés où se lisait comme une vague terreur. Et, comme il secouait la tête négativement, avec une expression de douleur manifeste:
—Pourquoi non, dit-elle gravement. Vous êtes un homme par l'âge et par le coeur. Vous voilà riche. Pourquoi ne songeriez-vous pas à vous établir, à vous créer un intérieur? Vous êtes petit, c'est vrai, mais vous n'êtes pas contrefait. Vous êtes admirablement conformé dans votre petitesse, on peut même dire que vous êtes beau. Ne dites pas non. Vous aimez, je le vois, pourquoi ne seriez-vous pas aimé aussi?...
El Chico ouvrait de grands yeux ravis et, en écoutant cette princesse qui lui parlait si doucement, sans nulle raillerie, d'un air convaincu.
Mais, sans doute, le bonheur qu'on lui faisait entrevoir lui parut irréalisable, car il secoua douloureusement la tête et Fausta n'insista pas.
—Allez, dit-elle doucement, et souvenez-vous que, si vous avez besoin d'une aide, soit auprès de celle que vous aimez, soit auprès de sa famille, vous me trouverez prête à intervenir en votre faveur. Allez maintenant.