El Chico, très ému, ne trouva pas un mot de remerciement. Titubant, comme s'il était ivre, il se dirigea vers la porte, oubliant de s'incliner devant la grande dame et, comme il allait franchir le seuil, il se retourna brusquement, se précipita sur Fausta, saisit sa main qui pendait au bras de son fauteuil et y déposa un baiser vibrant. Puis, se redressant aussi vivement qu'il était accouru, sans dire mot, il sortit en courant.

Fausta n'avait pas fait un mouvement, pas prononcé une parole. Lorsque El Chico fut sorti, elle songea:

«Voilà un petit bout d'homme qui, maintenant, se fera hacher pour moi. Mais quelle est la femme dont il s'est épris et pourquoi ai-je cru démêler comme de la haine dans sa manière de parler de Pardaillan? Il faudra savoir; ce nain me sera peut-être utile...»

Ecartant momentanément le nain de son esprit, elle se leva, alla soulever une tenture et, avant de disparaître, s'adressant à Centurion, qui attendait immobile:

—Faites ce qui est convenu, dit-elle, et venez me rejoindre aussitôt dans l'oratoire.

Sans attendre de réponse, certaine que ses ordres seraient exécutés, elle laissa tomber la portière et disparut. Elle s'engagea dans le corridor et s'arrêta devant cette porte où nous l'avons déjà vue s'arrêter. Elle poussa le judas et regarda.

La Giralda, sous l'empire de quelque narcotique, dormait paisiblement, étendue sur un large lit de repos.

—Dans dix minutes, elle se réveillera, pensa Fausta qui repoussa le judas et poursuivit son chemin.

Elle parvint à la pièce qu'elle avait désignée à Centurion et y pénétra en laissant la porte grande ouverte. Cet oratoire était plus petit et meublé très simplement. Elle s'assit et attendit quelques minutes au bout desquelles Centurion parut et, sans entrer, dit:

—C'est fait, madame. Il serait prudent de nous retirer. Il est à présumer qu'ils vont visiter la maison.