—Regardez, dit-elle impérieusement.

Centurion se pencha et regarda. Alors, il sentit ses cheveux se hérisser sur sa tête.

Que voyait-il donc de si extraordinaire?

Rien que de très simple: une infinité de petits trous étaient ménagés dans le fond de l'excavation. Par ces petits trous, on pouvait voir jusqu'aux moindres recoins de la grotte, mais plus particulièrement l'estrade qui se trouvait précisément en face des trous.

Fausta, toujours impassible, paraissait ne rien remarquer de ce trouble qui, maintenant, tournait à l'affolement. Elle rentra dans la grotte, suivie de Centurion en proie à une terreur mystérieuse qui anéantissait ses facultés au point qu'il ne s'aperçut même pas que Fausta, actionnant un deuxième ressort caché, avait fermé la porte par où ils venaient de pénétrer.

—Par ces trous, dit Fausta tranquillement, non seulement on peut tout voir, comme vous ayez pu vous en rendre compte, mais encore on entend tout ce qui se dit ici. Par cette excavation, j'ai pu assister, invisible, aux deux derniers conciliabules qui ont été tenus dans cette salle... Ai-je besoin d'ajouter que je sais tout?

Centurion s'écroula à genoux et râla:

—Grâce! Madame!

Fausta laissa tomber sur la loque humaine affalée à ses pieds un regard empreint d'un souverain mépris, et, le repoussant rudement du bout du pied:

—Debout! gronda-t-elle. Pensez-vous que je vous aie pris à mon service pour vous livrer à l'Inquisition!