D'un bond. Centurion se releva. Après avoir manqué défaillir de peur, il pensait maintenant s'évanouir de joie.

—Vous ne voulez donc pas me livrer balbutia-t-il.

—La terreur vous rend fou, mon maître, dit-elle en levant les épaules. Prenez garde! je ne garderais pas un lâche à mon service.

Centurion poussa un rauque soupir de soulagement et, se redressant:

—Par le Christ vivant! je ne suis pas un lâche, madame, et vous le savez bien! Mais, misère! j'ai cru sincèrement que vous alliez me livrer.

Et, avec un frisson d'épouvanté, il ajouta:

—J'appartiens à l'Inquisition et je sais trop quels supplices effroyables sont réservés à ceux qui la trahissent. Ce qui m'attendait, madame, est tellement au-dessus de ce que l'imagination peut concevoir que je n'eusse pas hésité à me poignarder devant vous pour me soustraire au sort affreux qui eût été le mien.

—Soit, dit Fausta d'un ton adouci, je te pardonne d'avoir tremblé devant le supplice. Je te pardonne aussi d'avoir essayé de me cacher des choses que j'avais intérêt à connaître. Mais que ce soit la dernière fois!

—J'entends, madame, dit humblement Centurion, et j'obéirai, je le jure. Aussi bien je ne suis pas de force avec vous, je le confesse humblement.

—Bien! opina Fausta. A quelle heure, la réunion?