—Dans deux heures, madame.

—Nous avons le temps, dit Fausta qui se dirigea vers l'estrade et s'assit dans un fauteuil.

Centurion la suivit et se plaça devant elle, au pied de l'estrade.

—Avant toutes choses, reprit Fausta en regardant le bravo jusqu'au fond des yeux, les hommes qui se réunissent ici savent qu'il existe quelque part un fils de don Carlos, dont ils désirent faire leur chef. Malgré les recherches les plus minutieuses, ils n'ont pu parvenir à découvrir sous quel nom se cache ce malheureux prince. Ce nom, j'en jurerais, tu le connais, toi.

—C'est vrai, madame, dit Centurion dompté.

L'oeil noir de Fausta eut une lueur, aussitôt éteinte.

—Ce nom? fit-elle d'une voix calme.

—Don César, connu dans toute l'Andalousie sous le nom d'El Torero, répondit Centurion sans hésiter.

Sans doute, Fausta était bien loin de s'attendre à ce nom. Sans doute aussi, la révélation de ce nom contrariait sérieusement des plans soigneusement élaborés, car, prise d'une fureur soudaine, elle s'exclama, pâle de rage:

—Tu as bien dit don César... l'amant de la Giralda... Ah! misérable! C'est maintenant que je les ai laissés aller, lui et la bohémienne, que tu me préviens?...