—Venez, s'écria le Torero, bouleversé, il n'y a pas un instant à perdre!... s'il n'est pas trop tard déjà!
C'était plus facile à dire qu'à faire. L'écrivain avait été fort malmené et don César, non sans angoisse, vit bien qu'il fallait, de toute nécessité, lui laisser le temps de se remettre:
—Une minute!... mon cher, laissez-moi respirer un peu... On m'a à moitié étranglé, bredouilla-t-il.
Ce n'était que trop vrai. Le Torero ne pouvait abandonner son ami dans cet état. Il en prit stoïquement son parti mais, comme chaque minute qui s'écoulait diminuait les chances qui lui restaient d'arriver à temps pour aider Pardaillan et délivrer la Giralda, il fit la seule chose qu'il avait à faire, c'est-à-dire qu'aidé d'El Chico et de Cervantes lui-même il se mit à frictionner énergiquement son ami, qui, tout en s'aidant lui-même, ne perdait pas la tête pour cela et, reconnaissant le nain:
—Que fais-tu là, toi? dit-il en fronçant le sourcil. Ne devais-tu pas guetter du côté de la porte?
Le petit homme, sans interrompre ses frictions, répondit:
—Tiens! j'ai vu que vous ne reveniez pas... j'étais inquiet, j'ai voulu savoir. J'ai fait le tour de la maison... heureusement pour vous, car, sans moi...
Et, du coin de l'oeil, il montrait les cordes et les capes restées à terre.
El Chico était sans doute un comédien de première force, car Cervantes, qui ne le perdit pas de vue, ne put rien démêler de suspect dans son attitude.
D'un air plutôt piteux, l'aventurier écrivain soupira: