—Il est de fait que, sans toi, j'étranglerais encore sous ce maudit bâillon.

-Enfin, il se mit debout et fit quelques pas.

—Venez donc! s'écria le Torero, qui bouillait d'impatience.

Et il s'élança enfin, expliquant tout en marchant ce qui lui était arrivé au moment où il allait bondir avec Pardaillan à la poursuite du ravisseur de la Giralda.

—En sorte, dit Cervantes, que le chevalier a attaqué seul? S'ils ne sont pas trop nombreux contre lui, il y a des chances pour qu'il s'en tire.

—Hélas! soupira le Torero.

Tout en s'expliquant, ils étaient revenus à la porte bâtarde. Cervantes monta sur la borne, et, en un clin d'oeil, le Torero fut sur le mur. Cervantes allait le suivre, lorsque ses yeux tombèrent sur le nain qui les avait suivis, et assistait à l'escalade. Il sauta à terre, prit El Chico dans ses bras, et le passa à don César qui le fit glisser de l'autre côté du mur. Ceci fait, il saisit la main que lui tendait le Torero et se hissa sur le mur:

—J'aime mieux l'avoir avec nous. Je serai plus tranquille, grommela-t-il.

Le nain, pourtant, n'avait opposé aucune résistance, et Cervantes vit avec satisfaction qu'il les attendait bien tranquillement au pied du mur.

Les deux amis sautèrent ensemble et s'élancèrent en courant, accompagnés du nain qui, décidément, paraissait de bonne foi et animé des meilleures intentions.