Il ne s'agissait plus cette fois de ruser et de s'attarder à des précautions, utiles peut-être, mais qui leur eussent fait perdre un temps précieux.

Ils avaient mis l'épée à la main, et, l'oeil aux aguets, ils couraient droit devant eux.

Le hasard fit qu'ils aboutirent au perron.

Nous disons le hasard. En réalité, ils y furent conduits par le nain, qui avait fini par les précéder. Ils le suivirent machinalement, sans se rendre compte peut-être.

En quelques bonds, ils franchirent les marches et furent devant la porte. Ils s'arrêtèrent un moment, hésitants. A tout hasard, le Torero porta la main au loquet. La porte s'ouvrit.

Une lampe d'argent, suspendue au plafond, éclairait d'une lueur tamisée les splendeurs du vestibule.

—Oh! diable! murmura Cervantes émerveillé, à en juger par le vestibule, c'est ici la demeure d'un prince.

Don César lui, ne s'attarda pas à admirer ces merveilles. Une portière était devant lui. Il la souleva et passa résolument. Ils se trouvèrent tous les trois dans ce cabinet où Fausta, peu d'instants plus tôt, avait remis au nain la somme de cinq mille livres.

Comme le vestibule, ce cabinet était éclairé. Seulement, ici, c'était un flambeau d'argent massif garni de cires rosés qui distribuait une lumière discrète.

—Pour le coup, songea Cervantes, nous sommes dans une petite maison du roi!... Il va nous tomber dessus une nuée d'hommes d'armes déguisés en laquais.