Et Juana? L'aimait-elle?
Juana aimait d'amour ailleurs, et, le rival préfère, il ne le connaissait que trop.
La voix aigre et grondeuse de la duègne Barbara le tira de sa rêverie.
—Sainte Vierge! clamait la matrone, vous voulez donc vous tuer? Mais que se passe-t-il donc?
—Il ne se passe rien, ma bonne Barbara, j'ai affaire en bas et n'irai me coucher que lorsque j'aurai fini.
—Ne suis-je plus bonne à vous aider?
—J'ai besoin d'être seule. Va te coucher. Dans un instant j'irai aussi.
Chico entendit encore de vagues imprécations, le bruit sourd de savates traînant sur le carreau, puis le bruit d'une porte poussée rageusement.
Un moment de silence se fit. Juana, évidemment, s'assurait que la duègne obéissait, puis Chico perçut le bruit de petits talons claquant sur les marches de chêne sculpté de l'escalier intérieur. Il se laissa glisser de son escabeau et il attendit debout.
La jeune fille pénétra dans la cuisine. Sans, dire un mot, elle se laissa tomber dans un large fauteuil de bois, et, posant le coude sur la table, elle laissa tomber sa tête dans sa main et resta ainsi, sans un mouvement, les yeux fixés, dilatés, sans une larme.