Pardaillan suivait avec une attention passionnée les phases du combat qui se livrait dans l'esprit du nain.

Celui-ci reprit à haute voix le cours de ses réflexions coupées par les apartés du chevalier:

«Le Français n'est peut-être pas mort? Il est peut-être encore possible de le sauver. Je l'ai promis à Juana!»

«Je ne pensais pas que cette petite Juana pût s'intéresser si vivement à moi!»

«Si le Français est mort, Juana mourra et, moi, je mourrai de la mort de Juana.»

«Mais non, mais non! Je ne veux pas toutes ces morts sur ma conscience, morbleu!»

«Si le Français est vivant et que je le sauve...»

«Ceci est mieux!... Voyons que fais-tu en ce cas?»

«Juana sera heureuse... Le Français l'aimera. Combinent ne pas l'aimer? Elle est si jolie!»

«La peste soit des amoureux! Ils sont tous les mêmes! Ils se figurent que l'univers entier n'a d'yeux que pour l'objet de leur flamme.»