«Je suis mort? Je veux bien, moi!...»

«Que vais-je faire de tout cela?... Puisque je ne puis avoir Juana, eh bien, j'emploierai cet or en cadeaux pour elle. Il y a de quoi en acheter, des bijoux et des casaques richement brodées, et des robes, et des écharpes, et des mantilles, et des mignons souliers...»

Il rayonnait, le Chico.

«Où diable l'amour va-t-il se nicher?» pensa Pardaillan.

La joie du nain tomba soudain. Il râla:

«Non! Je ne veux même pas avoir cette joie. Juana s'étonnerait de me voir si riche. C'est qu'elle est fine, tiens! Elle devinerait peut-être d'où m'est venue ma richesse. Elle me chasserait, elle me jetterait mes cadeaux au visage en me traitant d'assassin!»

Et, d'un geste furieux, il balaya le sac qui alla rouler sur les dalles.

«Tiens! tiens! fit Pardaillan, dont l'oeil pétilla, il me plaît ce petit bout d'homme!»

Le Chico allait et venait avec agitation dans son petit réduit. Il s'arrêta devant l'ouverture, l'oeil perdu dans le vague, le sourcil froncé, et murmura:

«Assassin... Juana l'a dit: je suis un assassin... Au même titre que ceux qui ont tué le Français... plus... Tiens, sans moi, il ne serait pas mort. Je n'avais pas pensé à cela, moi. La jalousie me rendait fou... Et, maintenant, je comprends, et je me fais horreur!...»