«Les cinq mille livres y sont bien. La princesse n'a pas menti», dit Chico, comme pour le renseigner.
«De mieux en mieux, se dit Pardaillan, il est cousu d'or et il connaît des princesses!»
Une idée lui passant soudain par l'esprit, une lueur de colère s'alluma dans son oeil.
«Triple sot! fit-il. Cette princesse, c'est Fausta... Cet or, c'est le prix de mon sang... C'est pour toucher cet or que ce misérable avorton m'a conduit dans le traquenard où j'ai donné, tête baissée!»
Le nain replaça son or dans le sac qu'il ficela solidement, puis il alla à son coffre, en tira une poignée de pièces d'argent qu'il déposa sur la table. Il vida ensuite la bourse qu'il tenait de la générosité de don César et fit son compte à haute voix.
«Cinq mille cent livres, plus quelques réaux», dit-il.
«Il a l'air lugubre, pensa le chevalier. Cinq mille livres constituent pourtant un assez joli denier. Serait-ce un avare?»
«Je suis riche! riche! répéta le Chico d'un air morne. Et, avec colère: à quoi me sert cette fortune? Juana ne voudra jamais de moi, puisqu'elle aime le Français!»
«Oh! diable! s'écria Pardaillan dans son for intérieur. Voici du nouveau, par exemple! Je commence à comprendre maintenant. Ce n'est pas un avare, c'est un amoureux... et un jaloux. Pauvre petit diable!»
«Et le Français est mort!» continua le Chico.