«Enfin! Me voilà chez moi!»
«Chez lui! pensa Pardaillan en regardant autour de lui. Il ne couche pourtant pas dans ce tombeau.»
La dalle se refermait automatiquement, mais il ne s'en occupait plus maintenant. Il avait changé d'idée. Il n'avait d'yeux que pour El Chico.
El Chico, qui avait commis une grave imprudence en ne se retournant pas, ouvrait la porte—si l'on peut ainsi dire—de son logis et allumait sa chandelle.
«Ah! ah! fit Pardaillan émerveillé, voici donc ce qu'il appelle son chez lui! Du diable si j'aurais jamais trouvé le secret de ces ouvertures. Mais voici un petit bout d'homme que je ne serais pas fâché d'étudier d'un peu près!»
El Chico avait—deuxième imprudence—laissé sa porte ouverte. En rampant, Pardaillan s'approcha de l'ouverture et jeta un coup d'oeil indiscret dans l'intérieur. Il ne put s'empêcher d'éprouver une sorte d'admiration pour l'ingéniosité déployée par le petit homme dans l'aménagement de son mystérieux retrait.
Emporté par son coeur généreux, Pardaillan oubliait ses préventions contre le nain qu'il soupçonnait véhémentement d'avoir participé à le mettre dans la situation précaire où il se trouvait. Sa bonté naturelle faisait taire son sentiment et il n'éprouvait plus qu'une immense pitié pour le pauvre petit déshérité.
Le nain s'était assis devant sa table et il tournait le dos à l'ouverture par laquelle Pardaillan pouvait l'observer à loisir. Chico était du reste à mille lieues de soupçonner qu'on l'épiait.
Après être resté un long moment pensif, il allongea la main vers le sac et le vida sur la table.
«Peste! songea Pardaillan en entendant le bruit de l'or remué, ce petit mendiant est riche comme feu Crésus. Où a-t-il pris cet or?»