Et, sans savoir pourquoi, le Chico désemparé fut touché de ce geste, comme il avait été touché du compliment sur son logis. Il lui semblait que ce seigneur si brave et si fort ne consentait à s'asseoir ainsi sur les dalles froides que pour ne pas l'écraser de sa superbe taille, lui, Chico, si petit. Il croyait n'éprouver que de la haine pour ce rival, et il était tout effaré de sentir la haine s'effacer; il était stupide de sentir poindre en lui un sentiment qui ressemblait à de la sympathie; il en était stupide et indigné contre lui-même aussi. Sans trop savoir ce qu'il disait, peut-être pour cacher ce trouble étrange qui pesait sur lui, le petit homme dit:
—Seigneur, il est temps de partir, croyez-moi.
—Bah! rien ne presse. Et, puisque personne ne connaît cette cache, comme tu dis, nul ne viendra nous déranger. Nous pouvons bien causer un peu.
—C'est que... je ne peux pas vous faire sortir par où je passe d'habitude, moi.
—Parce que?
—Vous êtes trop grand, tiens!
—Diable! Alors? Tu connais un autre chemin par où je pourrai passer? Oui!... Tout va bien.
—Oui, mais, par ce chemin, nous pourrons rencontrer du monde.
—Ces souterrains sont donc habités?
—Non, mais quelquefois il y a des hommes qui se réunissent là-dedans... Aujourd'hui, justement, il y a une réunion.