Mais après? L'escalier aboutissait à un cul-de-sac d'où il lui serait impossible de sortir, faute de connaître le secret qui ouvrait la paroi. Il n'aurait fait que changer de tombe, voilà tout. Et le nain ne pouvait se tenir d'éprouver un certain dédain pour ce rival si fort, si brave... mais si faible d'esprit qu'il ne comprenait pas qu'en tuant le nain maintenant il se condamnait lui-même.
Oui, décidément, c'était là la bonne solution. Mais... Mais il arriva que le rival abhorré relâcha son étreinte. Il arriva que l'ironie du regard avait fait place à une telle douceur, il arriva que cette physionomie, l'instant d'avant si menaçante et si terrible, exprima une telle bonté, une telle mansuétude, que le Chico, qui le regardait bien en face, sentit son trouble le reprendre, et, emporté malgré lui, comme il aurait crié: «Prenez garde!», il dit doucement, sans chercher à se dégager:
—Si vous me tuez, comment sortirez-vous d'ici?
—Peste! c'est, par ma foi, très juste, ce que tu dis là! Et moi qui n'y pensais plus! Mais, sois tranquille, tu ne perdras rien pour attendre, promit Pardaillan.
Ayant dit, il le lâcha tout à fait. Et voilà que, ce faisant, l'affolant sourire recommençait à se dessiner... Alors, le Chico regretta. Et, comme s'il eût voulu exciter la colère de cet homme déconcertant, il dit rudement:
—Venez donc. Et, quand je vous aurai sauvé, moi, vous pourrez me tuer, vous. Je vous jure que je ne chercherai pas à éviter le coup dont vous me menacez. «Ce sera la délivrance!» ajouta-t-il pour lui.
—Tu souhaites donc la mort?
Chico le regarda de travers. Il avait parlé bien bas cependant: il avait entendu quand même, le diabolique personnage. S'il voulait mourir, c'était son affaire, tiens!
—Venez, seigneur, dit-il froidement, tout à l'heure il sera trop tard.
—Un instant, que diable! Je veux savoir, d'abord, pourquoi tu m'as conduit à la mort.