Il plaisantait.

Malheureusement, dans l'état d'esprit où elle était, sous l'influence de la superstition qui lui suggérait qu'en effet il était invulnérable, elle he pouvait pas comprendre qu'il osât plaisanter sur un sujet aussi macabre. Et, dans sa superstition, elle se persuada que, nouveau Samson, il livrerait lui-même le secret de sa force.

—Comment? demanda-t-elle naïvement.

Il eut un imperceptible sourire de pitié.

—Eh! le sais-je? plaisanta-t-il.

Et, avec une lueur de malice dans les yeux, en mettant son doigt sur son front:

—Ma force est là... Essayez de me frapper là.

Elle le considéra longuement. Il paraissait très sérieux. Il eût frémi s'il eût pu lire ce qui se passait dans son cerveau et quelle pensée infernale il venait de faire germer en elle par une simple plaisanterie.

Elle demeura un instant pensive, cherchant à comprendre le sens de ses paroles et le parti qu'elle pourrait en tirer, et dans son esprit obstinément tendu vers ce but: la suppression de Pardaillan, en un éclair, elle entrevit la solution cherchée et elle pensa:

«Le cerveau!... le frapper au cerveau!... le faire sombrer dans la folie!... Et c'est lui qui m'indique ce moyen... Il a raison, cela vaut mille fois mieux que la mort... Comment n'y ai-je pas pensé?»