—Trop tard!

Quand la bande hurlante et menaçante arriva, elle se heurta à la muraille qui s'était refermée d'elle-même.

Honteux, furieux, ils se mirent à frapper le mur à coups redoublés. Trois hommes de Centurion soulevèrent péniblement une de ces banquettes que le chevalier avait maniée avec tant de facilité et s'en servirent de bélier sans réussir davantage à ébranler le mur.

Exténués, ils se résignèrent à abandonner la poursuite, et, piteux, ils se rangèrent autour de Fausta. Centurion surtout était très inquiet. Il s'attendait à des reproches sanglants. Sainte-Maline, Chalabre, Montsery n'étaient pas très rassurés non plus.

A la grande surprise de tous, Fausta ne fit aucun reproche. Elle savait, elle, que Pardaillan devait sortir vainqueur de la lutte. Donc elle se contenta de dire:

—Ramassez ces hommes, qu'on leur donne les soins que nécessite leur état. Vous distribuerez à chacun cent livres à titre de gratification. Ils ont fait ce qu'ils ont pu, je n'ai rien à dire.

Une rumeur joyeuse accueillit ces paroles. En un clin'd'oeil les éclopés furent enlevés.

Demeurée seule, Fausta resta immobile sur la banquette où elle s'était assise, cherchant, combinant, mettant en oeuvre toutes les ressources de son esprit si fertile en inventions de toutes sortes. Que voulait-elle? Peut-être ne le savait-elle pas très bien elle-même. Toujours est-il que, de temps en temps, elle prononçait un mot, toujours le même:

—La folie!...

Enfin, ayant sans doute trouvé la solution tant cherchée, elle se leva, rejoignit ses gardes du corps et remonta dans ses appartements.