—Eh bien, mes braves, qu'attendez-vous? Vous savez bien que je suis seul et sans arme!

Mais, comme, en disant ces mots, il plaçait son pied sur la banquette qui se trouvait à sa portée, les autres, malgré les objurgations de Centurion, restèrent cois.

Alors, Pardaillan se mit à rire plus fort, et, s'apercevant que plusieurs rapières s'étalaient à ses pieds, il se baissa tranquillement, ramassa celle qui lui parut la plus longue et la plus solide, et, la, faisant siffler, de son air railleur, il leur lança:

—Allez, drôles! le chevalier de Pardaillan vous fait grâce!

Et, se tournant vers Fausta, sans plus s'occuper d'eux:

—A vous revoir, princesse! lui cria-t-il.

Il fit un demi-tour méthodique, et lentement, sans se retourner, il se dirigea vers la muraille qui fermait le fond de la salle, dans ce coin où il avait plu à Fausta de le placer, certaine qu'il n'y avait là aucune issue.

Arrivé au mur, il frappa dessus trois coups du pommeau de la rapière qu'il venait de ramasser.

La muraille s'ouvrit d'elle-même.

Avant de sortir, il se retourna. Centurion et ses hommes, revenus de leur stupeur, se lançaient à sa poursuite. Les trois ordinaires eux-mêmes, le voyant armé, chargeaient de leur côté. Le rire clair de Pardaillan fusa plus ironique que jamais. Il lança: