—Bon! gronda Bussi, voilà une raison que je comprends!... Il s'agit donc, madame, d'aviser Fausta que le sire de Pardaillan est à ses trousses et la veut contrecarrer un peu dans ses entreprises... Mais quels sont, au juste, ces projets?

—Placer la couronne de France sur la tête de Philippe d'Espagne.

Bussi-Leclerc bondit, et, stupéfait:

—Et vous voulez aider Fausta dans cette entreprise, vous... vous?

Claudine comprit le sens de ces paroles. Elle n'en parut pas autrement choquée.

—Monsieur, j'ai sondé les intentions du roi Henri. S'il devient roi de France, l'abbaye de Montmartre et son abbesse n'en seront pas plus riches. Alors...

—Parfait! madame, c'est encore une raison que je comprends admirablement. J'accepte donc d'être votre messager. Veuillez, maintenant, me mettre au courant.

—En peu de mots, monsieur, voici: il s'agit d'une déclaration de Henri III, reconnaissant Philippe comme son seul héritier... Cette déclaration, la princesse la porte au roi d'Espagne, M. de Pardaillan doit s'en emparer pour le compte de Henri de Navarre, et, vous, vous devez avertir Fausta, l'aider et la défendre... Et ceci me fait penser qu'il serait peut-être utile que... vous fussiez secondé par quelques bonnes épées.

—J'y pensais aussi, madame, dit Bussi en souriant.

Je vais donc partir et tâcherai de recruter quelques solides compagnons. Que devrai-je dire à la princesse de votre part?