S'il y avait une ironie dans cette question, Bussi-Leclerc ne la perçut pas, tant elle fut faite naturellement.

—Veuillez m'excuser, madame, je désire réserver mon indépendance pour quelque temps. Toutefois, j'aurai l'honneur de vous accompagner à la cour du roi Philippe, où j'ai affaire moi-même.

—Oh! oh! dit Fausta, d'ailleurs très calme, le roi de Navarre enverrait-il contre nous un corps d'armée?... Le pauvre sire n'a pourtant pas trop de troupes pour conquérir ce royaume de France qui lui fait si fort envie!

—Plût à Dieu qu'il en fût ainsi, madame! Non, ce n'est pas un corps d'armée qui marche contre vous!... C'est un homme, un homme seul... qui va fondre sur vous... c'est Pardaillan!...

—Le voici! dit Fausta, froidement. Et, du doigt elle désignait le cavalier qui s'avançait à leur rencontre.

—Pardaillan! rugit Bussi-Leclerc.

—Pardaillan! enfin!... gronda Montalte.

Ils étaient là cinq gentilshommes, braves tous les cinq, ayant fait leurs preuves en maint duel, en maint combat. Pardaillan apparaissait et ils se regardèrent et se virent livides...

Lui, cependant, seul, droit sur la selle, un sourire narquois aux lèvres, s'avançait paisiblement.

Et, quand il ne fut plus qu'à deux pas de Fausta, d'un même mouvement, les cinq mirent l'épée à la main et se disposèrent à charger.