—Arrière!... Tous!... cria Fausta.
Et sa voix était si dure, son geste si impérieux, qu'ils restèrent cloués sur place, se regardant, effarés.
Pardaillan s'inclina avec cette grâce altière qui lui était propre, et, le visage pétillant de malice:
—Madame, dit-il, je vois avec joie que vous vous êtes tirée saine et sauve du gigantesque brasier que fut l'incendie du Palais Riant.
Fausta fixa sur lui son oeil profond et répondit doucement:
—Je vois que vous avez su vous en tirer, vous aussi.
—A propos, madame, savez-vous quelle main scélérate... ou simplement maladroite, alluma le formidable incendie où j'ai longtemps cru que vous aviez laissé votre précieuse existence? C'est que je n'ai pas perdu le souvenir d'une certaine nasse... Vous souvient-il, madame, de cette jolie nasse, au fond de la Seine, dans laquelle je dus bien passer toute la nuit?
Fausta eut un imperceptible battement de cils qui n'échappa pourtant pas à Pardaillan, car il dit:
—C'est pour vous répéter qu'il est assez dans mes habitudes de me tirer d'affaire... Mais vous?... Croiriez-vous qu'on m'avait assuré que vous aviez trouvé une mort horrible dans cet incendie?... Croiriez-vous que j'ai éprouvé une angoisse mortelle à cette nouvelle?
Fausta posait sur lui ses yeux de diamants noirs dont l'éclat se voilait d'une douceur attendrie et, sous son masque d'impassibilité, elle haletait, car ces paroles que Pardaillan prononçait d'un air lointain, comme s'il se fût parlé à lui-même ces paroles venaient de faire naître un espoir insensé dans son coeur agité.