—Oui? Eh bien, essayez...
Et, du doigt, elle leur désignait Pardaillan, qui réapparaissait au pas sur la route en lacet.
Humiliés par le dédain qu'elle leur manifestait, exaspérés jusqu'à la fureur par le dédain, encore plus outrageant de celui qui s'en allait là-bas, sans avoir même paru remarquer leur présence, ils se ruèrent en se bousculant, grondant de sourdes menaces.
Cependant, Fausta, avec un sourire étrange, prenait les attitudes de quelqu'un qui se dispose à assister commodément à un spectacle intéressant.
Les cinq gardes du corps de Fausta s'étaient élancés pêle-mêle, à la poursuite de Pardaillan. La route, en se rétrécissant, les obligea à se mettre en file, et voici quel était l'ordre de marche établi par le hasard. En tête, Bussi-Leclerc, puis Sainte-Maline, Chalabre, Montsery, et, fermant la marche, Montalte.
Pardaillan, lui, se trouvait à un angle de la route où il y avait une minuscule plate-forme.
Lorsqu'il entendit derrière lui le pas des chevaux, il se retourna:
—Tiens! c'est ce brave Bussi-Leclerc, et les trois mignons que j'ai tirés de la Bastille, et celui-là que je ne connais pas!... Pourquoi diable Fausta les a-t-elle empêchés de me charger là-haut? Ils y avaient de la place, au moins, tandis qu'ici...
Posément, il fit faire volte-face à son cheval et l'accula contre la paroi du chemin, la croupe presque appuyée contre d'énormes quartiers de roches éboulés. Ainsi placé, il avait devant lui le sentier par où venait Bussi; derrière, les roches qui lui faisaient un rempart; à sa gauche, il avait le flanc de la montagne et, à sa droite, le précipice. On ne pouvait donc l'attaquer que de front et un à un.
Son épée dégagée, il attendit, et, lorsque Bussi-Leclerc ne fut plus qu'à quelques pas de lui: