Bussi, hébété, ne bougeait pas, continuait de barrer la route aux autres. Et, comme il jetait des regards de fou autour de lui, il vit Montalte qui avait mis pied à terre, et lui tendait son épée.
Bussi s'en saisit avec un rugissement de joie et, sans hésiter, fonça de nouveau, tête baissée.
—Encore! fit Pardaillan. Ma foi, monsieur, vous êtes insatiable!
Il achevait à peine que l'épée de Bussi décrivait une courbe dans l'air et allait rejoindre la première au fond du précipice.
—Là! fit Pardaillan, êtes-vous plus satisfait maintenant? Si je sais compter, c'est la cinquième fois que je vous désarme...
Bussi leva les poings au ciel, étouffa une imprécation, et s'affaissa, terrassé par la rage et la honte.
C'en était fait de lui si Pardaillan—suprême humiliation et suprême générosité—ne l'avait saisi de sa poigne de fer et maintenu, évanoui, sur la selle.
Sainte-Maline s'efforçait vainement de passer et de prendre la place de Bussi, lorsque Montalte, se dressant devant lui, d'une voix basse et sifflante:
—Sur votre vie, monsieur, ne bougez pas! Cet homme est un démon! Si nous le laissons faire, il nous tuera les uns après les autres, ou nous désarmera. Emmenez Bussi et retournez auprès de la princesse...
Pardaillan, ayant assujetti Bussi, se tourna vers les «ordinaires», et, de son air le plus aimable: