Et, avec un froncement de sourcils:

«Bussi-Leclerc et les autres m'ont attaqué en gentilshommes, épée contre épée... Celui-là tente de m'assassiner... Celui-là est à surveiller de près! Il me hait, m'a-t-il dit, mais pourquoi? Je ne le connais pas, moi...»

Il se retourna et aperçut Fausta et son escorte parvenus au bas de la montagne. Il hocha la tête, et:

«Me voici, une fois de plus, piqué de la tarentule de me mêler de ce qui ne me regarde pas!... Me voici, une fois de plus, jeté au milieu d'une partie où je n'avais que faire, et où ma présence vient tout brouiller... Et j'aurais la sottise de m'ébahir que des gens que je ne connais pas me veulent la malemort? Mais c'est précisément le contraire qui devrait m'étonner!...»

En monologuant de la sorte, il arriva à Madrid sans avoir aperçu une seule fois l'escorte de Fausta, et sans aventure digne d'être notée.

Au bord du Mançanarès, sur une éminence, à l'endroit même où se dresse aujourd'hui le palais royal, s'élevait alors l'Alcazar, résidence du roi.

Pardaillan s'y rendit tout droit. Le premier officier auprès duquel il se renseigna lui répondit:

—Sa Majesté a quitté Madrid, voici quelques jours.

—Et où le roi se rend-il?

—Le roi se rend à Séville à la tête d'un corps d'armée castillan pour soumettre les hérétiques: juifs, musulmans et bohèmes.