—Je n'oublierai pas, monseigneur. Sauvez-la et je vous appartiens... Mais, pour Dieu, hâtez-vous, ajoute-t-il en essuyant son front où perle la sueur.

—Je retiens votre engagement, dit Espinosa.

Et désignant Fausta, rigide:

—Aidez-moi.

Avec des gestes doux comme des caresses, Montalte prit la tête de Fausta dans ses mains tremblantes, et, frissonnant d'espoir, la souleva doucement pendant que Espinosa versait dans la bouche le contenu de son flacon. Au bout de quelques instants, une légère rougeur vint colorer les joues de Fausta.

Enfin un souffle à peine perceptible s'échappe doucement des lèvres entrouvertes, et Montalte, qui sent sur son visage ce souffle léger, pousse lui-même un profond soupir, comme s'il voulait aider au travail lent qui se fait dans cet organisme.

Il pose sa main sur le sein et se redresse, les yeux étincelants: le coeur bat... très faiblement, il est vrai, mais enfin il bat.

Au même instant, Fausta ouvre les yeux et les pose sur Montalte qui se penche sur elle. Presque aussitôt elle les referme. Un souffle régulier soulève son sein.

Alors Espinosa qui, impassible, a considéré toute cette scène, dit:

—Avant deux heures, la princesse Fausta aura retrouvé toute sa conscience.