Et, du coin de Foeil, il désignait les cavaliers qui, l'instant d'avant, menaient si grand tapage.
—En effet, ces braves sont devenus bien soudainement muets.
—Silence! fit Pardaillan à voix basse, il se trame quelque chose ici qui sent le guet-apens d'une lieue.
Tandis que Cervantes contait à Pardaillan la tragique histoire de l'infant Carlos, le personnage, tapi entre les deux palmiers, se glissait furtivement jusqu'à la table des bruyants cavaliers. Là, il prononçait quelques paroles en montrant un objet dans le creux de sa main. Aussitôt, ces consommateurs se courbaient dans une attitude de respect mêlée de sourde terreur.
L'homme alors, sur un ton impératif, donnait rapidement des instructions, et tous, sans hésitation, s'inclinaient en signe d'obéissance... Tous, moins deux cependant, qui parurent faire des objections, d'ailleurs plutôt timides. Alors, l'homme se redressa avec un air terrible, et, le doigt levé vers le ciel, il prononça quelques mots sur un ton menaçant, et, domptés, ces deux-là se courbèrent comme les autres.
Sans plus s'occuper d'eux, l'homme saisit au passage la servante qui allait et venait, et lui glissa un ordre à l'oreille. Et la servante, comme ses clients, s'inclina avec les mêmes marques de terreur et de respect, sortit vivement, revint presque aussitôt poser un paquet de cordelettes sur la table et disparut avec une rapidité qui dénotait une frayeur intense.
Impassible, l'homme s'assit près de la porte et attendit.
Alors, sur le patio jusque-là si bruyant, plana un silence précurseur de l'orage qui, bientôt, allait se déchaîner.
Cependant, les deux amoureux, tout à leur conversation, n'avaient rien remarqué et se disposaient à sortir aussi discrètement qu'ils étaient entrés.
Lorsqu'ils furent à deux pas de la porte, l'homme mystérieux se dressa devant eux, et, la main tendue: