La jeune fille, à ce contact, avait eu un geste de dégoût, elle avait sursauté comme sous quelque brûlure en se tordant pour échapper à la brutale étreinte. Elle se défendait de son mieux, la pauvre petite, mais ne pesait pas lourd dans la poigne de son agresseur qui paraissait doué d'une belle force, à en juger par l'aisance avec laquelle il la maintenait d'une seule main.
—Allons, grogna-t-il, décidé à en finir, allons, suis-moi!
Et, d'un pas ferme, il se dirigea vers la porte, en la traînant brutalement. Mais, arrivé là, il dut s'arrêter.
Pardaillan, nonchalamment appuyé contre la porte, les bras croisés sur sa large poitrine, le regardait paisiblement.
L'inquisiteur fixa une seconde cet étranger qui paraissait vouloir lui barrer le passage.
Mais Pardaillan soutint ce regard avec un calme si ingénu, Pardaillan avait aux lèvres un sourire si naïf que vraiment il n'était pas possible de le croire animé de mauvaises intentions.
Et d'ailleurs, comment supposer que quelqu'un serait assez insensé pour oser manquer au respect dû au représentant d'un pouvoir devant lequel tout se courbait? Cette idée était tellement extravagante que l'agent du Saint-Office la repoussa aussitôt, et, conscient de la supériorité que ses redoutables fonctions lui conféraient, il ne daigna même pas parler; d'un geste impérieux, il commanda à cet intrus de s'écarter. L'intrus ne bougea pas et, toujours souriant, le contempla avec des yeux où se lisait, maintenant, un vague étonnement.
Impatienté, il dit sèchement:
—Allons, monteur, faites-moi place. Vous voyez bien que je veux sortir?...
—Hé! que ne le disiez-vous plus tôt. Vous voulez sortir?... Sortez, sortez, je n'y vois aucun inconvénient.