En disant ces mots, Pardaillan ne bougeait pas d'un pouce. L'inquisiteur fronça le sourcil. Le flegme souriant de cet inconnu commençait à l'inquiéter.

Néanmoins, il se contint encore, et, d'une voix sourde:

—Monsieur, dit-il, j'exécute un ordre du Saint-Office et il est mortel, même pour un étranger comme vous, d'entraver l'exécution de ces ordres.

—Ah! c'est différent!... Malepeste! je n'aurais garde d'entraver les ordres de ce saint... comment dites-vous?... Saint-Office, quoi... Et, quoique étranger, je ne manquerai pas de vous traiter avec tous les égards dus à un agent... tel que vous.

Et il ne bougeait toujours pas, et, cette fois, l'inquisiteur blêmit, car il n'y avait pas à se méprendre sur le sens injurieux de ces paroles, tombées du bout des lèvres.

—Que voulez-vous enfin? dit-il d'une voix que la fureur faisait trembler.

—Je vais vous le dire, répondit Pardaillan avec douceur. Je veux—et il insista sur le mot—je veux que vous laissiez cette jeune fille que vous maltraitez... je veux que vous rendiez la liberté à ce jeune homme que vous avez fait saisir traîtreusement...

Après quoi, vous pourrez sortir...

L'agent se redressa, coula un regard fielleux sur cet étrange énergumène et, enfin, gronda:

—Prenez garde! Vous jouez votre tête, monsieur. Refusez-vous obéissance aux ordres du Saint-Office?