—Je ne lui ai pas parlé de cela, je le jure!
—Alors, comment sait-il que tu aimes quelqu'un et que tu l'aimeras jusqu'à la mort?
Et câline:
—Et c'est vrai que tu aimes quelqu'un, dis, Chico? Qui est-ce? Je la connais? Parle donc! tu restes la, bouche bée. Tu m'agaces!
Les yeux du Chico lui criaient: «C'est toi que j'aime!» Elle le voyait très bien, mais elle voulait qu'il le dît. Elle voulait l'entendre.
Mais le Chico n'avait pas ce courage. Il se contenta de balbutier:
—Je n'aime personne... que toi. Tu le sais bien.
Vierge sainte! si elle le savait! Mais ce n'était pas là l'aveu qu'elle voulait lui arracher, et elle eut une moue dépitée. Sotte qu'elle était d'avoir cru un instant à la bravoure du Chico. Cette bravoure n'allait même pas jusqu'à dire deux mots: «Je t'aime!» Elle ne savait pas; la petite Juana, que ces deux mots font trembler et reculer les plus braves.
Et dans son dépit, cette pensée lui vint, puisqu'il n'était bon qu'à cela, de l'humilier, de l'amener à se prosterner devant elle.
Et agressive, l'oeil mauvais, la voix blanche: