Malgré lui, on le porta dans cette maison, et, sans savoir comment, il se trouva dehors, dans une rue étroite, derrière des troupes nombreuses qui gardaient cette rue, avec mission d'empêcher de passer quiconque tenterait de sortir de la place.
Comme toujours en pareille circonstance, les soldats gardaient scrupuleusement ce qui était devant eux et ne s'occupaient pas de ce qui se passait sur leurs derrières.
L'obstacle franchi, de nouveaux postes appartenant à Fausta se trouvaient échelonnés de distance en distance, dans des abris sûrs, et le Torero, écumant, fut conduit ainsi en un clin d'oeil hors de la ville et enfermé, pour plus de sûreté, dans une chambre qui prenait toutes les apparences d'une prison.
Pourquoi le Torero s'était-il efforcé d'échapper aux mains de ceux qui le sauvaient ainsi malgré lui et malgré sa résistance désespérée?
C'est qu'il pensait à la Giralda.
Dans la prodigieuse aventure qui lui arrivait, il n'avait songé qu'à elle. Tout le reste n'avait pour ainsi dire pas existé pour lui. Et, en se débattant entre les mains de ceux qui l'entraînaient, dans son esprit exaspéré, cette clameur retentissait sans cesse:
«Que va-t-elle devenir? Dans l'effroyable bagarre que je pressens, quel sort sera le sien?»
Ce qui était arrivé à la Giralda, nous allons le dire en peu de mots:
Lorsque les troupes royales s'étaient massées devant la foule, qu'elles tenaient sous la menace de leurs arquebuses, la Giralda, au premier rang, se trouvait une des plus exposées, et, à moins d'un hasard providentiel, elle devait infailliblement tomber à la première décharge.
Très étonnée, mais non effrayée, parce qu'elle ne soupçonnait pas la gravité des événements, elle s'était dressée instinctivement en s'écriant: