«Que se passe-t-il donc?»
Un des galants cavaliers, qui l'avaient poussée à cette place privilégiée, répondit, obéissant à des instructions préalables:
—On veut arrêter le Torero. C'est une opération qui rencontrera quelques difficultés, car ils sont là des milliers d'admirateurs résolus à l'entraver de leur mieux. Si vous voulez m'en croire, demoiselle, vous ne resterez pas un instant de plus ici. Il va pleuvoir des horions dont beaucoup seront mortels.
De tout ceci, la Giralda n'avait retenu qu'une chose: on voulait arrêter le Torero.
—Arrêter César! s'écria-t-elle. Pourquoi? Quel crime a-t-il commis?
Et, n'écoutant que son coeur amoureux, sans réfléchir, elle avait voulu s'élancer, courir au secours de l'aimé, lui faire un rempart de son corps, partager son sort quel qu'il fût.
Mais, tous ceux qui l'environnaient, y compris les deux soldats en sentinelle à cet endroit, étaient placés là uniquement à son intention à elle.
Tous ces hommes étaient les acolytes de Centurion, renforcés pour la circonstance.
La Giralda ne put même pas faire un pas. D'une part, les deux soldats se jetèrent en même temps devant elle pour lui barrer le chemin; d'autre part, le même cavalier empressé la saisit au poignet d'une main robuste, et, disant sur un ton qu'il s'efforçait de rendre courtois:
—Ne bougez pas, demoiselle. Vous vous perdriez inutilement.