Alors, comme un pauvre petit oiseau blessé qui replie ses ailes et s'abandonne en tremblant à la main cruelle qui s'abat sur lui, frissonnante d'horreur et d'effroi, elle ferma les yeux et s'évanouit.

La voyant immobile et pâle, les bras ballants, comme un corps sans vie, le familier comprit et, cynique et satisfait, il commanda:

—En route, vous autres!

Il se plaça, avec son précieux fardeau, au centre du peloton, qui s'ébranla et partit à toute bride.

XII

L'ÉPÉE DE PARDAILLAN

Nous avons raconté, en temps et lieu, comment Bussi-Leclerc avait échoué dans sa tentative d'assassinat sur la personne du chevalier de Pardaillan. Nous avons expliqué à la suite de quels combats et quels déchirements intérieurs Bussi, qui était brave; s'était abaissé à cette besogne que lui-même, dans sa conscience, stigmatisait avec une violence de langage qu'il n'eût, certes, pas tolérée chez un autre.

Après avoir vainement essayé de reprendre sa revanche en désarmant à son tour celui pour qui il sentait la haine gronder en lui, il en était venu à se dire que sa mort, à lui Bussi, ou celle de son ennemi, pouvait seule laver son déshonneur. Et, par une subtilité au moins bizarre, ne pouvant l'atteindre en combat loyal, il s'était résigné à l'assassinat. On a vu comment l'aventure s'était terminée.

Toute la nuit, cette nuit que Pardaillan passait dans les souterrains de la maison des Cyprès, toute cette nuit Bussi la passa à tourner et retourner comme un ours dans sa chambre, à ressasser sans trêve son humiliante aventure, à se gratifier soi-même des injures les plus violentes et les plus variées.

Lorsque le jour se leva, il avait enfin pris une résolution qu'il traduisit à haute voix en grognant d'une voix qui n'avait plus rien d'humain: