—Un instant, mort-diable!
Cette intervention soudaine de Bussi-Leclerc n'était pas concertée avec Fausta, car elle se tourna vivement vers lui et, sans cacher le mécontentement qu'elle éprouvait:
—Perdez-vous la tête, monsieur?
—Eh! madame, fit Bussi, avec une brusquerie affectée, le sire de Pardaillan, qui se vante de m'avoir désarmé et mis en fuite, me doit bien une revanche, que diable! Je ne suis venu ici que pour cela, moi!
Fausta le considéra une seconde avec un étonnement qui n'avait rien de simulé. Très sincèrement, elle le crut soudainement frappé de démence. Elle baissa d'instinct le ton pour lui demander d'un air vaguement apitoyé:
—Vous voulez donc vous faire tuer?
Bussi-Leclerc secoua la tête avec un entêtement farouche, et, sur un ton d'assurance qui frappa Fausta:
—Rassurez-vous, madame, dit-il. Le sire de Pardaillan ne me tuera pas. Je vous en donne l'assurance formelle.
Fausta crut qu'il avait inventé ou acheté quelque botte secrète, comme on en trouvait tous les jours, et que, sûr de triompher, il tenait à le faire devant tous ces soldats qui seraient les témoins de sa victoire et rétabliraient sa réputation ébranlée de maître invincible. Il paraissait tellement sûr de lui qu'une autre appréhension vint l'assaillir, qu'elle traduisit en grondant:
—Vous n'allez pas le tuer, j'imagine?