Et il lui sembla, peut-être se trompait-il, qu'en le voyant tomber en garde, Bussi-Leclerc avait poussé un soupir de soulagement et qu'une lueur triomphante avait éclairé furtivement son regard.

«Mort du diable! songea-t-il, je donnerais volontiers cent pistoles pour savoir au juste ce que peut bien manigancer ce scélérat!»

Et, sous cette impression, au lieu d'attaquer avec sa fougue accoutumée, il tâta prudemment le fer de son adversaire.

L'engagement ne fut pas long.

Tout de suite, Pardaillan laissa de côté sa prudente réserve et se mit à charger furieusement.

Bussi-Leclerc se contenta de parer deux ou trois coups et soudain, d'une voix éclatante:

—Attention, hurla-t-il triomphalement. Pardaillan, je vais te désarmer!

A peine avait-il achevé de parler qu'il porta successivement plusieurs coups secs sur la lame, comme s'il eût voulu la briser et non la lier. Pardaillan, d'ailleurs, le laissait faire complaisamment, espérant qu'il finirait par se trahir et découvrir son jeu.

Dès qu'il eut porté ces coups bizarres qui n'avaient rien de commun avec l'escrime, Bussi-Leclerc glissa prestement son épée sous la lame de Pardaillan comme pour la soutenir, et, d'un geste sec et violent, il redressa son épée de toute sa force.

Alors, Fausta, stupéfaite, les officiers et les soldats, émerveillés, virent ceci: